Croisière, écolo, recyclage, pollution(iStock)

À l'heure où les citoyens sont appelés à faire des choix verts, voici ce qu'il faut savoir avant de partir à l'abordage !

À bord d'une cité marine

Les bateaux de croisière sont de véritables villes flottantes : ils comptent en moyenne 3000 passagers et membres d'équipage, soit l'équivalent de la population du Vieux-Québec ou encore de la ville de Pohénégamook dans le Bas-Saint-Laurent !

On y offre tous les services imaginables : bars, discothèques, salles de bal, installations sportives (terrains de golf, de basketball ou de tennis, allées de bowling), casinos, cafés Internet, restaurants pour tous les goûts, boutiques diverses, centres d'entraînement, salles de spectacles, centres Détente (massages, piscines, bains tourbillons, spas, saunas, etc.), services divers (nettoyeurs, couturiers, centres de développement photo, etc.), centre médical, salons de coiffure et d'esthétique, etc. Bref, on y retrouve tout le confort d'un hôtel de luxe... plages et exotisme en sus! La croisière s'amuse... mais cause du grabuge!

En effet, on y produit des quantités titanesques de déchets sur une base hebdomadaire :

  • Matières solides provenant des installations sanitaires : 795 000 litres
  • Eaux usées (lessive, douches, éviers, lave-vaisselle, etc.) : 3,8 millions de litres d'eau
  • Matières recyclables : 8 tonnes, souvent incinéré en pleine mer quand la loi le permet ou recyclé une fois à bon port.
  • Matières dangereuses provenant du nettoyage à sec : près de 20 litres
  • Eau huileuse provenant des moteurs : près de 95 000 litres

La plupart des bateaux de croisière sont dotés de systèmes de traitement des eaux usées; une fois traitées, ces eaux peuvent être déversées en mer à plus de 3 milles nautiques de la côte, soit à plus de 5 km. Il n'en demeure pas moins que la présence de ces navires perturbe les écosystèmes : contamination des océans et des lacs par les eaux de ballast, bris des fonds marins quand vient le temps de s'ancrer, émissions de particules polluantes dans l'air liées à la combustion du fuel des moteurs et à l'incinération de déchets à bord.

Avant de partir à l'aventure

« Le respect de l'environnement n'est pas le critère premier lorsqu'on magasine une croisière, indique une agente de voyage montréalaise. On choisit d'abord l'itinéraire : désire-t-on visiter les Caraïbes, l'Alaska, la Méditerranée? Puis, on sélectionne une compagnie de croisière correspondant au budget du voyageur. Un peu comme un hôtel, on demande : est-ce qu'un Best Western fera l'affaire ou bien est-ce que l'on veut faire l'expérience du Ritz Carlton? Finalement, on songera à la durée du séjour, souvent limitée par le retour au travail. La plupart du temps, personne ne me questionne sur les enjeux écologiques. »

Il faut savoir que les compagnies de croisières sont de plus en plus soucieuses de se doter de systèmes novateurs pour limiter leur empreinte écologique (normes ISO, certifications vertes, etc.). Elles prennent soin également d'informer leur clientèle sur de tels engagements; les sites Internet et les brochures en font foi.

Ces quelques conseils pourraient vous aider à devenir un voyageur plus responsable :
1) Soyez conscients des impacts environnementaux de votre croisière.
2) Privilégier les bateaux de petite taille, soit avec une capacité de moins de 3000 passagers à bord.
3) Envolez-vous vers une destination qui n'est pas à l'autre bout du monde, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre causées par votre vol. Voyagez moins souvent, mais plus longtemps.
4) Choisissez une croisière qui minimise la distance parcourue sur l'eau.
5) Demandez à votre agent de voyage de vous diriger vers les compagnies de croisière les plus engagées en terme de tourisme responsable.

Bon voyage!