
Photo gracieuseté du Fairmont Baku
Les Flame Towers illuminent le ciel de Bakou
En arrivant à Bakou, ne soyez pas surpris par les grues. Elles sont partout. La capitale et métropole de l’Azerbaïdjan connaît un boom de la construction qui rappelle la croissance phénoménale de Dubaï et Abu Dhabi, les deux superpuissances pétrolières et gazières des É.A.U. Mais, à la différence de ces villes, semblant sorties en une nuit du désert, Bakou, située sur une péninsule fertile qui s’étire dans la mer Caspienne, possède un paysage architectural qui s’offre à la réinvention.
La ville, à la population majoritairement musulmane et au passé soviétique récent, se caractérise par un profil urbain à la croisée des influences, de la cité fortifiée (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, et dont les bâtiments révèlent des origines zoroastriennes, arabes, perses et ottomanes) aux immeubles d’habitation de style soviétique situés à l’extérieur des murs. Dans une tentative de forger une identité proprement azerbaïdjanaise, Bakou est en voie de devenir le prochain haut-lieu improbable de l’architecture. Des projets ambitieux, comme le centre Heydar Aliyev de Zaha Hadid, l’une des sculpteurs d’espace les plus doués de cette discipline, sont déjà en chantier. Entre-temps, les magnifiques Flame Towers, trois bâtiments polyvalents abritant le nouveau Fairmont Baku et ses 299 chambres, qui ouvre cette année, se dressent, telles de fières sentinelles, sur les hauteurs de la ville. Puis il y a la Ville blanche de Bakou, plan directeur primé prônant un développement urbain écologique qui fera d’une ancienne zone industrielle un centre-ville ultra moderne.
Situé entre la Russie et l’Iran, l’Azerbaïdjan sort du régime soviétique en 1991. Après des siècles d’occupation par les Russes et autres puissances étrangères, la définition d’une identité nationale est d’une importance cruciale. « Des modifications radicales en matière de créativité ont cours depuis l’indépendance », affirme l’architecte Elbay Gasim-zada, président de l’agence El & En, basée à Bakou, et premier secrétaire de l’Union des architectes de l’Azerbaïdjan. « Une liberté de créer et une compétitivité ont vu le jour, et les entrepreneurs privés aiment les projets architecturaux fondés sur des idées originales. »
Le centre Heydar Aliyev, qui abritera sous un même toit aux ondulations élégantes une bibliothèque, un musée et une salle polyvalente, est l’actuelle pièce maîtresse du nouveau Bakou. Le bâtiment de 57 600 mètres carrés conçu par l’Irakienne d’origine Hadid semble découper le paysage environnant en longs rubans de béton. À l’intérieur, murs et plafonds se rejoignent sans arêtes ou angles perceptibles, alors qu’une suite de rampes sculptent des voies de circulation inattendues dans tout l’édifice, permettant à des espaces individuels de se joindre.
Le centre est souvent décrit comme un symbole de la sophistication et de la nouvelle richesse de Bakou, comme le prouvent les boutiques haut de gamme, Gucci, Armani, Dior, Bulgari, qui bordent les rues des alentours. Alors que la construction de cet édifice presque irréel s’achève, le projet est la preuve que les ambitions architecturales de l’Azerbaïdjan ne sont pas juste une vue de l’esprit.
À proximité, les Flame Towers ont symboliquement embrasé le paysage de Bakou avec leurs façades incurvées, qui évoquent des flammes jaillissantes. Le trio de gratte-ciel loge le nouveau Fairmont Baku, une tour résidentielle et un bâtiment à bureaux. Le complexe, achevé récemment et recouvert de 10 000 panneaux de verre, est un hommage au passé zoroastrien de l’Azerbaïdjan. Le feu joue un rôle important dans l’identité du pays, que l’on pense aux torchères de gaz naturel à sa périphérie de la ville ou à l’Ateshgah, temple du feu en banlieue du grand Bakou, ou encore à la flamme qui brûle perpétuellement en souvenir des personnes ayant perdu la vie lors du soulèvement pour l’indépendance de 1990. Les tours sont déjà emblématiques, et on peut les voir des quatre coins de la ville. Le soir, les structures illuminées enveloppent les environs d’une lueur dansante.
« C’est la première fois que les Azerbaïdjanais ont l’occasion de voir de tels monuments chez eux », explique Emir Huseynov, professeur agrégé à l’Université d’Architecture et de Construction d’Azerbaïdjan. « Ces projets vont ouvrir une nouvelle page d’architecture moderne sans précédent dans le pays. »
Si les Flame Towers et le centre Heydar Aliyev sont des projets très réels, ceux qui ne sont encore que sur papier ont le potentiel de transformer Bakou en une des villes les plus à l’avant-garde en matière d’architecture.
La Ville blanche de Bakou, par exemple, est censée faire du centre de la baie de Bakou (une ancienne zone industrielle, surnommée Ville noire) un centre-ville écologique, à usage mixte. Le plan, sous la direction d’Atkins, agence britannique de design architectural, vise à créer de l’espace pour 50 000 habitants, tout en divisant le secteur en 10 quartiers différents. L’un d’entre eux, le quartier du Parc, redonnera à un espace vert, créé en 1883 par les frères Nobel (dont la fortune date du premier boom pétrolier de l’Azerbaïdjan), sa splendeur de la Belle Époque en tant que plus grand parc de Bakou. Et le quartier du front de mer accueillera une grande roue qui devrait faire 65 mètres de haut, plus que la célèbre roue de Paris.
D’en haut, les visiteurs pourront contempler tout ce qui fait de cette destination émergente une terre si prometteuse : la richesse historique de la ville, son présent lumineux et, bien sûr, les grues annonçant un avenir encore plus fabuleux.
Concierge
Bakou, Azerbaïdjan
Séjourner
Les 299 chambres, 57 suites Fairmont Gold et 19 appartements avec service du tout nouveau Fairmont Baku sont situés dans les resplendissantes Flame Towers, voisines du parlement d’Azerbaïdjan et surplombant la mer Caspienne. Conçu en fonction du voyageur d’affaires moderne, le centre d’affaires offre services informatiques complets et postes de travail avec Internet haute vitesse. L’hôtel propose aussi plus de 2 500 mètres carrés d’espaces de réunion, dont deux salles de bal, pour des événements de toutes tailles.
fairmont.com/baku
Faire
Découvrez la riche histoire médiévale de Bakou dans les rues et ruelles étroites d’Icheri Sheher (cité fortifiée), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Visitez la tour de la Vierge, une structure de huit étages en forme de clé géante, dans le sud-est. Le bâtiment date du 12e siècle; les trois étages inférieurs, toutefois, auraient été un observatoire astronomique, ou un temple du feu et remonteraient aux 7e–6e siècles avant notre ère. Le palais des Chahs de Chirvan, construit au 15e siècle, est un complexe architectural qui comporte une partie résidentielle, des mausolées, des mosquées et un hammam.
À environ 60 km au sud de Bakou, le Paysage culturel d’art rupestre de Gobustan, seul autre site du pays classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un incontournable pour les passionnés d’archéologie. Ce plateau rocheux est célèbre pour ses quelque 6 000 pétroglyphes qui couvrent 40 000 ans d’art rupestre. Le site fait partie de la réserve protégée de Gobustan et comprend également des vestiges de grottes habitées, de peuplements et de sites funéraires, témoins d’une occupation humaine intensive des lieux entre le paléolithique supérieur et le Moyen Âge.
Se restaurer
Pour goûter à la cuisine locale, commandez un plov (riz pilaf) et un lavangi (poulet ou poisson farci) au Kohna Shahar, populaire restaurant de la vieille ville. L’ambiance est traditionnelle : des kilims ornent le sol des deux salles à manger, et des œuvres d’art azéri sont accrochées aux murs.
Publié à l’origine dans lemagazine Fairmont .





















